L’Europe consacre désormais 380 milliards d’euros par an à sa défense, en hausse de 60 % depuis 2021. Les budgets continueront de croître au moins 5 ans. Pour l’investisseur particulier, c’est l’une des thèses macroéconomiques les plus claires de la décennie. Voici les valeurs cotées qui en profitent vraiment.
L’essentiel en 30 secondes
- Budget défense Europe · 380 Md€ en 2026, +60 % vs 2021.
- Top valeurs européennes · Rheinmetall (DE), BAE Systems (UK), Thales (FR), Leonardo (IT), Saab (SE).
- Performance sectorielle · indice STOXX Europe Aerospace & Defence +180 % depuis 2022.
- Valorisations · 25-35× les bénéfices, plus chères que la moyenne mais justifiées par la croissance.
- Verdict 2026 · oui pour 5-15 % d’un patrimoine, exposition via PEA possible.
◆ La thèse macro · 5 raisons
- L’Ukraine continue · pas de désescalade en vue avant 2027 minimum, l’Europe doit reconstituer ses stocks puis ceux ukrainiens.
- L’objectif OTAN à 2 % du PIB · 18 pays OTAN sur 32 l’atteignent en 2026, 8 sont sous-investis chroniques (Allemagne, Italie, Espagne, Belgique).
- L’autonomie stratégique européenne · politique officielle de l’UE depuis 2023, financée par 50 Md€ via la BEI.
- Modernisation des armes · Rafale, Eurofighter, leur successeur SCAF, tout cela passe par les mêmes 4-5 industriels.
- Cyber-defense · 18 % de croissance annuelle, secteur quasi-monopolistique pour Thales et Leonardo.
Le secteur défense a déjà fait +180 % depuis février 2022. La question n’est plus « faut-il y aller » mais « à quel moment ». Réponse pragmatique · DCA (Dollar Cost Averaging) sur 24 mois pour amortir les corrections temporaires. Les hausses de PIB défense sont engagées sur 10 ans, le timing exact d’entrée importe moins que le ticket régulier.
◆ Les valeurs cotées européennes
- Rheinmetall (DE, RHM) · 28 Md€ de capi, leader chars-munitions, +850 % depuis 2022.
- BAE Systems (UK, BA) · 47 Md€ de capi, défense intégrée, plus stable.
- Thales (FR, HO) · 35 Md€ de capi, électronique de défense, cyber, espace.
- Leonardo (IT, LDO) · 18 Md€ de capi, hélicoptères, électronique, mais gouvernance compliquée.
- Saab (SE, SAABB) · 14 Md€ de capi, focus systèmes radars Gripen, dynamique forte.
- Dassault Aviation (FR, AM) · 22 Md€ de capi, exposition Rafale exclusive.
- Hensoldt (DE, HAG) · 7 Md€ de capi, capteurs et radars, croissance forte.
◆ ETF accessibles via PEA
- Lyxor STOXX Europe 600 Aerospace & Defence (DFNS) · 280 M€ d’encours, frais 0,30 %, éligible PEA.
- iShares Aerospace & Defence UCITS ETF (DFND) · plus international, 65 % US, frais 0,40 %.
- WisdomTree Europe Defence UCITS ETF (WDEF) · pure play défense Europe, 0,40 %.
- VanEck Defence UCITS ETF (DFE) · global, 28 valeurs, 0,55 %.
◆ Performance et valorisation 2026
- STOXX Europe Aerospace & Defence · +180 % depuis fév. 2022, +35 % en 2025
- P/E moyen secteur · 27× contre 18× pour le STOXX 600 général
- Croissance bénéfices attendue 2026-2028 · 18 % par an
- Dividende moyen · 2,1 %, faible mais en hausse
- Volatilité · 22 % vs 18 % pour l’indice large, soit modérée
◆ Les risques à 12-24 mois
- Désescalade Ukraine · si un cessez-le-feu durable était signé, correction de 20-30 % du secteur en 6 mois.
- Pivot fiscal · si l’Allemagne ou la France réduisaient leurs ambitions de défense pour cause de déficit.
- Concurrence US · Lockheed Martin, RTX, Northrop Grumman captent encore les contrats les plus lucratifs.
- Vol des bénéfices · le carnet de commandes Rheinmetall couvre 5 ans, mais doit se transformer en chiffre d’affaires sans accroc.
- Valorisation · si croissance ralentit à 10 % au lieu de 18 %, multiples se réajustent fortement.
◆ Stratégie Empower
Pour un patrimoine de plus de 100 k€ structuré, 5 à 15 % en défense reste pertinent en 2026. Mix recommandé ·
- 50 % via ETF Lyxor DFNS · diversification automatique, achat régulier mensuel
- 30 % en valeurs individuelles · Thales (PEA), Rheinmetall (PEA), Saab (PEA)
- 20 % en small caps · Hensoldt, Mil Re Trade, plus risqué mais potentiel x3
La défense européenne est l’une des thèses les plus claires des 10 prochaines années. Les budgets sont engagés sur 5-10 ans, les commandes sont massives, les capacités de production limitées. Pour un investisseur patient, le secteur offre encore une décote relative vs ses comparables américains, et les marges devraient continuer à croître.